Je n’ai plus d’amis, j’ai des « plans de révision ». Je n’ai plus de week-ends, j’ai des « rattrapages de sommeil ». Mes parents m’appellent, je réponds « je suis en immuno ». Mon lit a changé de forme – c’est devenu une chaise de bureau.

La première année de médecine… On t’a dit « la plus dure sélection ». Moi, je te dis : c’est une guerre de tranchées. Chaque matin, tu te lèves à 5h pour réviser le nerf trijumeau. À 7h, tu enchaînes sur les glucides. À 9h, l’amphi – 800 visages blêmes, 800 cafés qui tremblent. Le prof défile à 200 diapos à l’heure. Tu écris. Tu écris. Et ta main hurle.

(Il/elle tourne la fiche et se remet à écrire.)

Moi, c’était une image : ma grand-mère à l’hôpital, une interne qui lui a tenu la main. Pas la perfusion. Pas le diagnostic. Juste la main. Cette interne, elle a survécu à cette première année. Et elle ne s’en souvient même plus. Mais moi, je ne l’oublierai jamais.